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Plantes et fleurs

Le traitement des aleurodes repose sur 4 étapes, du diagnostic à la prévention

Éloïse Vanier-Cassagne 9 min de lecture
Aleurode traitement : diagnostic et piège jaune sur feuille de tomate

Un petit nuage blanc s’envole quand vous touchez une plante, ses feuilles sont collantes et certaines jaunissent : les aleurodes, aussi appelés mouches blanches, sont probablement présents. Un traitement efficace commence par une intervention rapide, mais il doit aussi viser les œufs et les larves cachés sous les feuilles pour réduire les nouvelles générations.

1. Confirmer l’infestation avant de choisir un traitement

Les aleurodes sont de petits insectes blancs mesurant généralement 1 à 3 mm. Leurs deux paires d’ailes couvertes d’une poudre blanche se soulèvent en groupe lorsqu’on secoue une feuille. Les adultes se reposent ensuite sur sa face inférieure. Tomates, aubergines, poivrons, cucurbitacées, choux, agrumes, fleurs et plantes d’intérieur peuvent être touchés. Les attaques sont souvent plus fréquentes sous serre et dans les vérandas.

Quiz sur le traitement des aleurodes

Testez vos connaissances sur l’identification, la surveillance, les traitements et la prévention.

Score : —/6 0/6 réponse sélectionnée
1. Comment reconnaître facilement les aleurodes adultes ?

2. Où faut-il principalement rechercher les œufs et les larves ?

3. Quel est le rôle des pièges jaunes ?

4. Comment agit principalement le savon noir contre les aleurodes ?

5. Quel est le rôle des auxiliaires biologiques ?

6. Quelle mesure aide à prévenir une infestation importante ?

Corrections détaillées

  1. De petits insectes blancs qui s’envolent lorsqu’on dérange la plante. Les adultes sont reconnaissables à leur petite taille et leur couleur blanche.
  2. Sous les feuilles. C’est la zone à inspecter en priorité pour repérer les œufs et les larves.
  3. Attirer, surveiller et capturer des adultes. Leur couleur jaune aide à détecter et limiter la présence des aleurodes adultes.
  4. Par contact avec les insectes présents sur la plante. Le savon noir doit atteindre les zones où se trouvent les insectes.
  5. Réguler naturellement les populations d’aleurodes. Les auxiliaires biologiques participent à cette régulation.
  6. Inspecter régulièrement le dessous des feuilles. La détection précoce facilite la prévention de l’infestation.

Observer le revers des feuilles avec méthode

Retournez les feuilles les plus jeunes et celles qui se trouvent au cœur de la plante. Les œufs sont très petits et fixés à la surface, ce qui les rend difficiles à repérer sans loupe. Les larves restent immobiles. Elles ressemblent à de minuscules écailles translucides ou jaunâtres plaquées contre la feuille. Après quatre stades larvaires, le puparium apparaît, juste avant l’émergence de l’adulte.

Cette observation permet de choisir une méthode adaptée. Les pièges jaunes capturent surtout les adultes volants, tandis qu’une pulvérisation de contact doit atteindre les larves présentes sur le revers. Une plante qui ne montre que quelques adultes ne se traite donc pas exactement comme un feuillage couvert de formes immatures.

Repérer les dégâts qui aggravent l’urgence

En piquant les tissus, les aleurodes prélèvent la sève. La plante perd de la vigueur, les feuilles jaunissent, se recroquevillent ou se dessèchent, et la croissance ralentit. Les insectes rejettent aussi du miellat, une substance sucrée et collante qui recouvre le feuillage et parfois les fruits.

Une couche noire appelée fumagine peut ensuite se développer sur ce miellat. Elle salit les feuilles, gêne leurs échanges et déprécie les récoltes. Les aleurodes peuvent également transmettre des virus à certaines cultures, notamment aux tomates. La présence d’adultes, de larves, de miellat ou de fumagine justifie donc une surveillance rapprochée.

2. Agir tout de suite : isoler, retirer et nettoyer

Un traitement contre les aleurodes commence par une réduction physique de la population. Isolez les plantes d’intérieur atteintes et éloignez les pots très colonisés des sujets sains. Sous serre, intervenez dès l’apparition des premiers adultes. Dans des conditions favorables, le cycle de reproduction peut s’accomplir en environ trois semaines.

  1. Retirez les feuilles très envahies, surtout celles qui portent de nombreuses larves ou beaucoup de miellat. Ne les laissez pas au pied des plantes.
  2. Rincez délicatement le feuillage avec de l’eau, en insistant sous les feuilles. Le rinçage déloge une partie des adultes et du miellat.
  3. Essuyez les feuilles épaisses des plantes d’intérieur avec un linge doux humide lorsque leur texture le permet.
  4. Posez des pièges jaunes englués près du feuillage pour capturer les adultes et suivre l’évolution de l’infestation.

Les plaquettes jaunes attirent surtout les adultes volants. Elles servent à repérer une arrivée, à mesurer la pression et à freiner une petite colonie. Elles ne suppriment cependant ni les œufs ni les larves déjà fixées. Contrôlez-les régulièrement et remplacez-les lorsqu’elles sont couvertes d’insectes ou de poussière.

Le nettoyage est plus efficace lorsque le feuillage reste accessible. Dans une serre trop dense, les feuilles se chevauchent et créent des zones chaudes, peu aérées, où les adultes trouvent facilement refuge. Éclaircissez légèrement les plantes, retirez les feuilles basses abîmées et espacez les pots. L’air, la lumière et le pulvérisateur atteindront mieux le revers des feuilles. Cette organisation facilite les contrôles et évite de répéter des traitements qui ne touchent pas les zones infestées.

3. Comparer les solutions selon le stade et le lieu de culture

Le savon noir, les pièges jaunes et les auxiliaires répondent à des besoins différents. Une stratégie progressive est préférable, en particulier au potager ou dans les espaces fréquentés par les pollinisateurs. Le tableau ci-dessous permet d’orienter le choix selon la cible et le contexte.

Solution Cible principale Situation adaptée Atout et limite
Savon noir ou eau savonneuse Adultes et jeunes larves au contact Petite à moyenne infestation, intérieur, potager Action directe, mais application à renouveler et revers des feuilles indispensable
Pièges jaunes englués Adultes volants Surveillance, début d’attaque, serre Simples à poser, mais n’éliminent ni œufs ni larves
Purin d’ortie, infusion de tanaisie, décoctions Adultes selon les préparations Prévention ou pression limitée Compléments possibles, efficacité variable selon la colonie
Auxiliaires biologiques Œufs, larves ou plusieurs stades Serre, véranda, infestation suivie Action ciblée, mais incompatible avec des produits non sélectifs

Utiliser le savon noir sans brûler le feuillage

Une solution d’eau savonneuse ou de savon noir agit par contact. Elle doit donc mouiller les insectes, et pas seulement le dessus des feuilles. Une préparation indique 150 à 300 g de savon noir pour 10 litres d’eau : respectez en priorité les instructions du produit utilisé.

Pulvérisez tôt le matin ou le soir, jamais en plein soleil ni sur une plante assoiffée. Testez d’abord la solution sur quelques feuilles, surtout si le végétal est sensible. Après application, laissez agir puis rincez légèrement si le feuillage paraît chargé. Contrôlez ensuite le revers des feuilles et renouvelez le traitement si de nouvelles formes apparaissent. Les éclosions successives expliquent souvent le retour des adultes après une première pulvérisation.

Installer des auxiliaires quand la culture s’y prête

En serre, la lutte biologique peut cibler plusieurs stades de l’aleurode. Encarsia formosa, un petit hyménoptère parasitoïde, s’attaque aux aleurodes. Des lâchers d’Eretmocerus eremicus ou d’Eretmocerus mundus peuvent aussi être envisagés selon le ravageur et les conditions de culture.

Les punaises prédatrices comme Macrolophus pygmaeus et les acariens Amblyseius swirskii s’intègrent également à cette approche. En cas d’attaque importante, deux lâchers successifs d’Encarsia formosa, espacés d’une semaine, sont conseillés. N’appliquez pas d’insecticide non sélectif avant ou après leur installation : il pourrait éliminer ces auxiliaires avec les aleurodes.

4. Adapter le traitement et empêcher le retour des mouches blanches

Sur une tomate ou un poivron cultivé sous serre, combinez le retrait des feuilles très atteintes, les pièges jaunes et les auxiliaires si la colonie persiste. Aérez quotidiennement lorsque les conditions le permettent. La chaleur accélère la multiplication, notamment chez Bemisia tabaci, dont la température optimale se situe autour de 30 à 33 °C.

Pour les plantes d’intérieur, l’isolement, le lavage régulier du feuillage et une pulvérisation ciblée sont généralement plus adaptés qu’un lâcher important d’auxiliaires. Au potager, retirez les feuilles trop atteintes et surveillez les plantes voisines, car les adultes se déplacent facilement d’un sujet à l’autre.

Prévenir une nouvelle génération

Inspectez chaque semaine le revers des feuilles, surtout après l’achat d’une plante. Placez les nouveaux végétaux à l’écart pendant quelques jours avant de les rapprocher des autres. Sous abri, maintenez une aération régulière, évitez les plantations trop serrées et maîtrisez l’arrosage pour ne pas créer un milieu excessivement chaud et confiné.

Des filets anti-insectes limitent les entrées dans les cultures protégées. Au potager, éliminez les adventices proches et alternez les cultures lorsque les attaques se répètent. La surveillance doit continuer après le traitement, car les œufs et les larves qui restent sur les feuilles peuvent relancer la colonie.

Le basilic, l’aneth, les œillets d’Inde, les capucines, les nicandras et les tagètes peuvent enrichir l’environnement du potager, mais ils ne remplacent pas un traitement contre une infestation installée. Ils s’intègrent à une prévention générale. Si les feuilles portent encore de nombreuses larves après plusieurs passages, augmentez la fréquence des contrôles et combinez les méthodes plutôt que de multiplier les produits.

Réserver les insecticides chimiques aux situations encadrées

Les insecticides chimiques non sélectifs peuvent atteindre les auxiliaires, les pollinisateurs et d’autres organismes utiles. Ils favorisent aussi l’apparition de résistances chez les aleurodes. Ils ne corrigent pas un défaut d’aération ni une réinfestation continue par des plantes voisines.

Si un produit phytosanitaire est envisagé, vérifiez qu’il est autorisé pour la plante et l’usage concernés. Respectez strictement l’étiquette et ne l’associez pas à une lutte biologique en cours. Dans la plupart des jardins, la combinaison de l’observation, du nettoyage, du savon noir ciblé, du piégeage et de la prévention offre une démarche cohérente pour réduire les mouches blanches et limiter leur retour.

Éloïse Vanier-Cassagne

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